De l’arbre à la forêt : du calme à la fête de la sono

Et pourquoi pas les Landes ? On vous l’avez annoncé, on ne savait pas trop où faire la fête de la musique. Mercredi, Guillou s’est rappelé que La Grasse Bande allait à Saint-Sever fêter la musique et la petite ville de Chalosse par la même occasion. Alors bien sûr, avec le souvenir en tête des dernières sorties landaises, on n’a pas hésité longtemps : “Y’a de la place ? Ok, on arrive !”

Bon, alors çà n’a pas été aussi simple dans la pratique. Le vendredi soir, on jouait pour le toujours aussi sympathique Collectif Bordonor, à l’occasion du Cinésites au Jardin de ta soeur et des dix ans de l’association de quartier. C’était aussi l’occasion pour nous de remercier autant l’excellence des relations de voisinages qu’entretient le Jardin de ta sÅ“ur avec certains de nos musiciens autochtones que la qualité du soutien que ConTreBand a reçu de la part du collectif Bordonor depuis les débuts de la fanfare. Souhaitons longue vie au Jardin de ta sÅ“ur, et longue vie à Bordonor. Mention toute particulière à tous les intervenants anonymes, qui ont su, par un travail que l’on imagine long et attentif, rendre ce jardin de plus en plus beau et de plus en plus collectif. Mais malheureusement aussi de plus en plus grignoté par l’immondice immobilière qui s’installe (contre l’avis de toute la population locale) au 20, rue Chantecrit : n’ayons pas peur de lancer un pavé dans les pots de vin qui ont dûs faire passer cette pilule carrée caillouteuse et répugnante, cette sorte de blockhaus horrible (imaginez des vitres à la place des meurtrières : non seulement ce n’est pas drôle, mais en plus çà fait peur), cet étron de trois étages, dont le rez-de-chaussé est un magnifique parking tout grillagé sur lequel pourront sans doute s’amuser les futurs petits locataires en culottes courtes, à ce que doit en penser l’estropié du 3° Reich qui a dû pondre de tels plans que je pense tout droit sortir de son imagination néphrétique. Vivement que les arbres du jardin de ta soeur poussent, qu’ils cachent une fois pour toutes les deux places-fortes de cet ignoble cachot, sanctuaire du mauvais-goût et de l’art de savoir rater un plan d’urbanisme !!!

Passé la colère urbaine, revenons à nos moutons (landais, donc !). On n’est pas encore parti, on est à table, le vendredi soir, après avoir joué pour le Cinésites, sans basse, mais avec suffisamment de conviction de la part de Guillou pour que son baryton comble les vides. Il n’y a pas consensus sur la destination musicale de la fanfare : certains veulent rester sur Bordeaux (ils sont quatre), le reste veut partir en Chalosse. Après une tentative de sabordage camouflée sous la forme d’un SMS assassin tout droit sorti de l’hirsute immondice d’une hippie bougonne, il sera fait choix de la majorité : Saint-Sever, nous voilà !

La route, n’en parlons pas, il faisait trop chaud. Pour un peu, çà gâcherait presque la redécouverte de l’été en Aquitaine. Deux ans qu’on l’attendait, et il va peut-être pas rester, alors j’en dis pas plus. J’ai tendance à faire fuir quand je parle trop.

L’arrivée fut assez laborieuse, tout le monde ayant choisi son itinéraire propre. Qu’importe, on se retrouve à écouter la Grasse Bande, toujours aussi motivée quand il s’agit de discoter par de fortes chaleurs, à l’ombre d’une église que bénit un cardinal venu fêter son enterrement de vie de garçon, et prenant visiblement le public pour un trampoline. Transpiration, BTP, distinction, c’est la marque de fabrique de la Grasse Bande pour la soirée. Nous, on prend doucement les notre, de marques : “Je vais pas boire cette bière toute la nuit, moi j’te l’dis !”, “Revenons aux fondamentaux : mieux vaut un pastis glaçon qu’une bière terra incognita, qui plus est chaude, qui plus est pas gazeuse, qui plus est pas alcoolisée.”. C’est que CTB n’avait pas fait de féria depuis longtemps. Elle en avait oublié tout à la fois la douceur âcre et la riche émotion bruiticole.

Du bruit, y’en aura toute la nuit, qu’on se rassure ! D’une part parce que la fête de la musique n’aime pas trop la musique. D’autre part parce que les discos-mobiles, çà pousse comme des ceps de pins, dans les Landes ! Qu’à cela ne tienne, on ira plus loin. Mais d’abord, repas. Sympas, le repas, vraiment. On rencontre toutes les formations venues animer cette multiple fête. De bandas en fanfares d’écoles et de batucadas en fanfares de comptoir, “On n’est pas venu là pour acheter du terrain !”, comme dirait Lucile. Cà joue, et çà joue bien ! Cà chante, çà toise aussi, çà rigole enfin, çà plaît en somme.

Mais le repas, çà ne dure pas toute une nuit. Faudra bien ressortir du cloître, seul lieu suffisamment frais pour faire une pause digne de ce nom, c’est-à-dire reposante (seuls les festayres peuvent comprendre la logique de ce pléonasme : une pause reposante). On tente le coup. De Patrick Sébastien à plein tube en dernière niaiserie disco-à la mode hurlée par des enceintes sur-saturées, on ne trouve rien : pas une seule place libre. On tente une bodéga, les God Save the Cuivre y sont déjà… On rebrousse chemin. “Hé, là, dans la rue, y’a personne !”.

Effectivement, y’a personne, c’est le moins qu’on puisse dire. “Si on faisait un battle fanfare CTB / Grasse Bande ?” “Allez !”.

Bon, pour ceux qui ne connaîtrait pas, un battle fanfare, c’est simple : chaque fanfare joue un morceau de son choix. Celle qui joue le plus fort, c’est celle qui gagne. Règles simples, règles bêtes. Mais bon rassurez-vous, le battle a vite tourné court : tout le monde a joué avec tout le monde, si bien que de chaque côté de la route, personne ne savait quelle était sa fanfare… “Mais bon, nous, on a gagné”, on dit ceux qui avaient joués tout le temps !

Lèvres épuisées, on sonne la retraite dans une nouvelle pena. Heu, non, c’était la même : pena Osmosa. Mais cette fois, plus de God Save the Cuivre. Place à CTB pour commencer. Puis au tour de la Grasse Bande. Clap de fin vers 4h du matin, puis les Talku hot enchaînent. Que de la balle, et sans trou… Du pur bonheur, une pure soirée, bref, que du lourd, du gras, du bon. On est retourné en fanfare-land, et quel pied !

PS : Je n’ais pas envie de parler du vigile à l’entrée du gymnase, qui a perdu en deux phrases la seule occasion de sa vie d’être moins con que ces pieds, et qui nous a empêché de rentrer pour une sinistre histoire de tickets. Résultat : deux heures dehors, réveillés par la pluie, pour que finalement il change d’avis…


3 réponses à “De l’arbre à la forêt : du calme à la fête de la sono”

  1. m|nCh répond :

    Je suis trop dégoûté, j’aurai vraiment voulu être la … mais bon ……ça va être comme ça une bonne partie de l’année…

  2. Francois répond :

    Et ben ouais mêkh, quand on a choisi l’exil, faut s’y tenir. Tant pis pour tout ce que tu rates…
    De toute façon on ne se fait pas trop de soucis pour toi, tu as toujours rêvé d’habiter à la frontière de l’illégalité…

  3. Renaud répond :

    C’était bien plaisant, jouer où et quand on veut ! La compagnie de la grasse bande, une cohorte de déchirés du cortex, a donné un air de fête païenne fort à propos à ce jour de l’année célébré depuis l’aube des tant et tant de temps. Bien ravi d’avoir échappé aux nuisances sonores bordelaises et à la confusion si commune entre bruit et musique, entre fête et kermesse et entre chaleur et lourdeur….Ah ! man !


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