Une patate d’enfer dans un paradis gelé
Des enfants qui courent partout, le sourire aux lèvres et faisant des bulles, munis de l’arme de dérision massive la plus appréciée de la soirée : le pistolet à bulles (pas pâles !) de savon. Des parents heureux comme si on avait réinventé la crèche en version moderne, le p’tit Jésus en moins, la tranquillité de discuter entre adultes pendant que les chérubins folâtrent tranquillement dans leur coin, cowboys contre indiens, dans la plus stricte intimité de leur monde sans cesse réinventé. De la musique qui tinte aux oreilles comme carillon en fin d’année, des musiciens en habits comme pour la grande parade de Noël, des guirlandes multicolores, une ambiance début du siècle, quelques vieilles voitures en fond de décor, une trompette géante sur un bus scolaire… N’en jetez plus, vous n’y êtes pas du tout ! Nous ne jouions pas pour une scéance photo en pays Mouse, nous étions au Garage Moderne, temple du joint de culasse en temps normal, mais tapissé, pour l’occasion d’un apéro-fanfares, d’une auréole de gaiété estivale en plein capharnaüm de froid et de grève de tramways…
“Le froid, ah, celui-là , on ne l’attendait plus que pour l’année prochaine !” Tant pis, on en aura été quitte pour ressortir les braseros, sorte de remaniement spatial à vocation de proximité, de bavardages spontanés et de retrouvailles autour d’un vin chaud. Vous voyez qu’on sait s’équiper : entre les braseros et le vin chaud, l’ambiance était assurée !
Assurée dites-vous ? Pas entièrement en réalité, mais presque. On oublie l’ingrédient indispensable : la musique, les cuivres, les percussions, la fanfare quoi ! “Ben oui, sans fanfare, à quoi servirait t’il de se peler les miches au fin-fond de Bordeaux ?”
“Je trouve que vous ne manquez pas d’air, pour des amateurs de fanfares !” Le Garage Moderne est certes situé tout au fond de la ligne de tram (qui, ayant peur de la saturation pour l’occasion, s’était mis en grève !), mais il a sans doute accueilli l’un des plus festifs apéro-fanfares que l’on ait vu de mémoire de fanfarons bordelais !
Los Teoporos tout d’abord, sorte de confluent transgénérationnel où se croise des anciens de médecine, des nouveaux de pharma et quelques dentistes à la gouaille profonde, a enflammé la piste en début de soirée entre thèmes discos et retouches au patrimoine de la chanson paillarde… Disco toujours, la Grasse-Bande saute partout, remue les glaçons, fait battre des mains et oublier le froid, et trouve encore le moyen de ménager quelques moments de calme et de danses à deux, avant de repartir à fond les boules à facettes pour le dernier quart d’heure disco-funk, en compagnie de ConTreBand, qui suit. Que vous dire de la prestation de ConTreBand, sinon que j’étais du mauvais côté de l’instrument pour expliquer au mieux l’effet produit ? Si je m’étais trouvé parmi le public, j’aurai sans doute, comme lui, swingé comme une courgère à m’en dégeler les omoplates !!! Puis c’est l’apothéose : Mengui Dem Taf Taf, dont le coeur bat pour les rythmes tropicaux, de calypsos en biguines, en passant par l’Afrique et son entrain (vous savez, ce truc qui commence à vous chatouiller le bassin, vous fait remuer les bras, puis les jambes, et puis c’est déjà trop tard, vous êtes pris au piège, on ne peut plus vous sortir de la foule des danseurs). Retour aux Caraïbes, Mengui Dem trace la voie pour un dernier morceau, un dernier voyage, un dernier pas de danse, dernier regard entre couple, dernier sourire…
“Mais pas du tout ! Cà ne s’est pas arrêté là !” “Sacrénom d’une cacahuète, le boeuf, le giga-boeuf final, bouquet de rythmes, d’ambiances et de folies, allais-je l’oublier !?!” Bien sûr que non ! Le boeuf, vous savez bien, ce moment génial où le temps n’apartient plus à personne, où l’espace se scinde en deux, Garage Moderne d’un côté, le reste du monde de l’autre, ce moment auquel chacun participe, dans la joie, la liberté, l’envie de se retrouver tous ensemble, après avoir joué chacun pour tous les autres. Le boeuf était grandiose. Pensez donc, soixante-dix musiciens jouant de concert, régal tant pour les yeux que les oreilles. Il a d’ailleurs fallu toute la patience des organisateurs pour évacuer les derniers fanfarons, surpris, sans doute, d’avoir tant voyagés tous ensemble pour se retrouver finalement sur les quais de Garonne, dans le froid qui n’avait toujours pas compris qu’on avait tenté en vain de l’exorciser par la musique.
Oui, cet apéro-fanfares a été splendide. On avait craint le froid, la grève, le retard accumulé pendant la préparation, … Bien sûr, les plus bégueules seront toujours déçus d’avoir eu tord, mais qu’est ce qu’on s’est marré ! Grâce à la gaiété de chacun, à l’accueil toujours aussi agréable du Garage Moderne, à cet incompressible besoin de partager ces moments rares de purs bonheurs, et grâce surtout à vous tous, bravant les éléments, qui nous avez apportés ce grain de folie qui sans vous manque, qui fait d’une soirée fanfaronne un pur moment de communion tendre et fraternelle, qu’on vous attend d’ores et déjà pour le prochain, à charge de revanche contre les intempéries.

C’était une soirée grandiose à laquelle je sais que d’autres glaçons comme moi, avons fondu avec plaisir ! La prochaine fois, si je suis prévenu suffisemment à temps, je convierai mes cousins du grand nord, les Icebergs… Et bel article ! BRAVO !!!
Quel article plein de rebondissement , quel style !! que de talents dans ce groupe !! (en fait je dis ça sous l’influence mystique de noêl et mere dame nature ^^) mais j’ avou je suis fan :D
Ooo…oooooooo…oooh!!!! Baaaby’… Oooh Baby’!!! ten ten ten ten ten ten kish…